Giverny : l’explosion du printemps – 21 avril 2018

Giverny accueillait le 21 avril le Concours régional des meilleurs apprentis-fleuristes de Normandie, sous l’égide de Patrick Subreville, Président délégué des Meilleurs Ouvriers de France et de Martine Lansard-Boissay, référente métier-fleuriste de la région. L’occasion de découvrir plusieurs compositions florales des apprentis, en compagnie de fleuristes professionnels, de meilleurs ouvriers de France, des jardiniers de la Maison Claude Monet et du Musée des impressionnismes.

Une balade florale et littéraire dans le village de Claude Monet et lieu emblématique adopté par Aragon dans son roman Aurélien...

Et une journée sous le signe de l’explosion du printemps.

http://fondation-monet.com/

http://www.mdig.fr/

« Il faisait une manière de soleil, et il y avait des couleurs tendres dans les champs, un piquetis d’herbe pâle sur les velours labourés beiges, blancs, bruns et roses ; les premières fleurs blanches aux arbres fruitiers. Le paysage s’adossait aux coteaux voisins, couronnés de buissons et coupés de carrières, avec un petit chemin de fer à sable. Puis la route, les champs, et le fouillis qui cachait la Seine. Tout cela s’étendait à plat sur des kilomètres. De l’autre côté de la vallée, tout s’estompait, on devinait des plateaux, un pays qui continue.»

« Quand elle fut devant le beau jardin que partageait le chemin, elle s’arrêta et regarda à gauche le pont, l’eau, les arbres légers, la tendresse des bourgeons, les plantes aquatiques. Puis se tourna du côté de la maison qu’habitait ce grand vieillard qu’elle avait souvent vu de loin, et dont tout le pays parlait. Celui qui ne pouvait voir les fleurs fanées. Elle vit les fleurs bleues. À leur pied, la terre fraîchement remuée. Des fleurs bleues partout. La petite allée vers la maison. Le gazon clair et d’autres fleurs bleues. […]
La lumière était si belle sur les fleurs… Qu’est-ce que c’était ces fleurs ? On dit qu’il n’y a pas de vraies fleurs bleues. Pourtant… Qui sait s’il les voyait bleues, le grand vieillard, là-dedans. On disait que ces yeux étaient malades. Il pouvait devenir aveugle. Terrible à penser. Un homme dont toute la vie était dans les yeux. Il avait quatre-vingts ans passés. S’il devenait aveugle… On pouvait l’imaginer exigeant encore qu’on arrachât les fleurs avant qu’elles fussent fanées, ces fleurs que de toute façon il ne verrait plus… Les fleurs bleues feraient place à des roses. Puis il y en aurait de blanches. Chaque fois, d’un coup, c’était comme si on repeignait le jardin. »

Louis Aragon – Aurélien (1944).

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